La Benelli BN 125 attire par son look naked soigné et son prix contenu, mais elle n’échappe pas à quelques travers typiques des 125 d’entrée de gamme. Les problèmes les plus souvent signalés par les propriétaires concernent le système électrique — décharge de batterie, fusibles grillés, voyant moteur qui s’allume sans raison apparente — ainsi que des difficultés liées à l’alimentation en carburant : filtres obstrués, problèmes de pompe. Certains propriétaires rapportent un voyant moteur jaune persistant qu’aucune valise de diagnostic ne parvient à expliquer ni à effacer, un phénomène frustrant mais sans conséquence mécanique immédiate dans la plupart des cas. Des pannes de pompe à essence ont aussi été recensées dès les premiers kilomètres, généralement prises en charge sous garantie. Sur le plan de la tenue de route, la BN 125 se montre plaisante en ville mais ses limites se font sentir en côte ou sur voie rapide, avec une boîte à l’étagement long et un manque de punch en montée. Bref : une moto séduisante visuellement et agréable au quotidien, mais qui demande un suivi rigoureux et un réseau de concessionnaires Benelli solide pour gérer les éventuels soucis électriques.
Ce qu’il faut retenir
- ⚙️ Moteur increvable : Le monocylindre BMT refroidi par air est extrêmement robuste, à condition de faire des vidanges très rapprochées (tous les 3000 km).
- ⚡ Faisceau capricieux : Le tableau de bord LCD et le capteur de rapport engagé souffrent de faux contacts en cas d’humidité.
- 🔗 Consommables bas de gamme : Les pneus d’usine (cordura) et le kit chaîne d’origine s’usent prématurément et doivent être changés rapidement.
- 🛑 Freinage couplé (CBS) : L’absence d’ABS véritable est compensée par un freinage combiné, dont la répartition avant/arrière peut surprendre sous la pluie.
Le monocylindre série BMT : une technologie rudimentaire mais éprouvée
Pour propulser sa BN 125, Benelli n’a pas fait le choix de la course à la puissance (elle plafonne à 11,1 ch, loin des 15 ch légaux de la catégorie A1). La marque a opté pour un moteur « série BMT » (Benelli Multi-spark Technology). Il s’agit d’un monocylindre simple arbre à cames, 4 soupapes, doté d’un double allumage (Twin Spark) pour améliorer la combustion.
Surtout, ce moteur est refroidi par air (et par un petit radiateur d’huile). L’absence de refroidissement liquide (pas de pompe à eau, pas de radiateur d’eau, pas de joint de culasse soumis à haute pression hydraulique) supprime 50 % des causes de pannes d’un moteur moderne. En revanche, le métal subit des dilatations thermiques plus importantes. Le jeu aux soupapes a tendance à bouger assez vite durant le rodage (provoquant des cliquetis à froid), nécessitant un contrôle obligatoire lors de la révision des 1 000 km pour éviter de griller une soupape d’échappement.

L’électronique de bord et les pannes de faisceau
Le prix bas de la moto s’explique par la qualité du câblage et des capteurs périphériques. La BN 125 est sujette aux « pannes fantômes », qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues.
Le capteur de rapport engagé, situé près du pignon de sortie de boîte, est très exposé aux projections de graisse de chaîne. Il finit par s’encrasser et indique de mauvaises informations au tableau de bord LCD (le N vert clignote ou affiche la 2ème alors que vous êtes au point mort). De même, le joint du compteur LCD n’est pas parfaitement étanche aux lavages haute pression. De la condensation s’infiltre sous la vitre, rendant la lecture du niveau d’essence illisible ou créant des micro-courts-circuits sur la carte mère de l’affichage.
| Composant périphérique | Défaut technique constaté | Solution de fiabilisation |
|---|---|---|
| Capteur Point Mort (N) | Affiche un rapport erroné au compteur. | Nettoyage au solvant du capteur côté pignon. |
| Faisceau électrique (Phare) | Cosses d’ampoules qui fondent ou s’oxydent. | Application de graisse diélectrique sur les fiches. |
| Béquille latérale (Contacteur) | Coupure du moteur en roulant sur les bosses. | Resserrer le ressort ou shunter le capteur défectueux. |
Les consommables d’origine : les premières choses à jeter
Si Qianjiang a maîtrisé la fonderie du moteur, ils ont rogné sur tout le reste. Sortie de caisse, la BN 125 est équipée de pneumatiques de marque chinoise « CST » (Cheng Shin Tire). Ces gommes sont dures comme du bois (pour durer longtemps), mais offrent un grip catastrophique sous la pluie, transformant la moto en savonnette au freinage.
Le kit chaîne n’échappe pas à la règle. Il s’agit d’une chaîne standard (sans joints toriques O-Ring ou X-Ring pour retenir la graisse).
Pour fiabiliser la partie cycle, il faut :
- Changer les pneus dès l’achat pour de grandes marques (Michelin Pilot Street, Pirelli).
- Remplacer la chaîne d’origine vers 5 000 km par un kit renforcé à joints toriques.
- Purger le liquide de frein d’usine qui est souvent chargé en humidité dès sa sortie d’usine, rendant la poignée spongieuse.

Le système de freinage couplé (CBS) : limites techniques
Contrairement aux motos haut de gamme dotées d’un ABS (Anti-lock Braking System), la BN 125 répond à la législation européenne via un système CBS (Combined Braking System).
Mécaniquement, lorsque vous appuyez sur la pédale de frein arrière, une durite hydraulique envoie automatiquement une partie de la pression vers l’étrier de frein avant (qui est doté de trois pistons : deux pour le levier avant, un pour la pédale arrière). Si ce système rassure les débutants, il peut devenir piégeux sur route mouillée. Un coup de frein arrière trop violent de la part du pilote bloquera inévitablement la roue avant par transfert de charge, puisque le système ne relâche pas la pression (contrairement à l’ABS).
La précision du Mécanicien 125cc
« Le secret pour faire durer une Benelli 125, c’est l’huile ! Un moteur refroidi par air qui ne contient qu’un litre d’huile subit une dégradation thermique énorme. L’huile brûle vite, perd ses propriétés et noircit. Ne respectez pas les intervalles constructeur de 6 000 km, c’est trop long. Vidangez tous les 3 000 km avec une bonne 10W40 semi-synthèse, et cette petite moto passera les 50 000 km sans ouvrir le moteur. »
Serrage de la boulonnerie et vibrations
Le dernier point technique concerne les vibrations. Un monocylindre vibre naturellement beaucoup, surtout à haut régime (la BN 125 tourne à près de 9 000 tr/min pour atteindre ses 100 km/h de vitesse de pointe).
L’assemblage en usine manque souvent d’application de frein filet sur la visserie périphérique. Résultat : les vis du pot d’échappement, les fixations de la plaque d’immatriculation, les carénages plastiques et les rétroviseurs se desserrent avec le temps. Une des premières opérations à effectuer soi-même (ou à exiger de son concessionnaire lors de la préparation) est un contrôle au couple de toute la boulonnerie de la partie cycle, particulièrement les axes supports moteur qui relient le monocylindre au cadre treillis en tubes d’acier.
Foire Aux Questions (FAQ)
🛡️ La Benelli BN 125 est-elle adaptée pour faire de l’autoroute ?
Absolument pas. Avec ses 11,1 chevaux et sa boîte à 5 rapports assez courts, sa vitesse maximale absolue au rupteur plafonne autour de 110 km/h (compteur). Sur autoroute, vous serez à la merci du moindre vent de face ou faux plat montant, incapable de dépasser les camions en toute sécurité. Son terrain de jeu exclusif est le milieu urbain et les routes départementales secondaires.
🔧 Trouve-t-on facilement des pièces détachées pour cette moto sino-italienne ?
Oui, le réseau Benelli s’est considérablement étoffé en Europe au cours de la dernière décennie. Les pièces d’entretien courant (filtres à huile, filtres à air, plaquettes) sont standardisées et disponibles chez tous les équipementiers génériques. Pour les pièces de carrosserie ou les capteurs spécifiques, les délais de commande depuis l’usine mère en Chine se sont fortement raccourcis, prenant généralement une à deux semaines via le réseau officiel.
💦 Le bruit métallique au niveau du pot d’échappement est-il une casse ?
Non, c’est un problème sonore très connu sur ce modèle. À l’intérieur du silencieux et du collecteur, des chicanes ou des grilles de pare-chaleur sont soudées grossièrement. Avec la dilatation de la chaleur et les vibrations, certaines soudures internes finissent par lâcher. Un morceau de métal se balade alors dans la tubulure, créant un bruit de « casserole » ou de grelot métallique très désagréable à la décélération, mais qui n’impacte pas du tout la fiabilité mécanique du moteur.









