Vue rapprochée du commodo gauche d'une moto montrant la gâchette jaune "PASS" accessible à l'index, utilisée pour les appels de phare instantanés

Bouton « Pass » moto (Appel de phare) : Fonction, Usage et Sécurité

Lorsque l’on débute la moto ou que l’on découvre une nouvelle machine, l’exploration des commandes au guidon (les commodos) est une étape obligée. À main gauche, on trouve les clignotants, le klaxon, l’inverseur code/phare, et souvent, une petite gâchette située à l’avant, accessible par l’index, estampillée « PASS » (parfois en jaune ou en gris). Ce bouton, absent sur les mobylettes et scooters 50cc, est un standard sur presque toutes les grosses cylindrées.

À quoi sert réellement ce bouton mystérieux ? Son nom vient de l’anglais « Passing » (dépasser). C’est la commande d’appel de phare instantané. Contrairement à l’interrupteur classique qui bascule les feux en position route de manière permanente, le bouton Pass est un interrupteur momentané : il allume les pleins phares tant que vous appuyez dessus et les coupe dès que vous relâchez. Au-delà de sa fonction technique simple, ce bouton est l’outil principal de communication du motard avec les autres usagers. C’est votre « voix » lumineuse. Ce dossier vous explique comment l’utiliser intelligemment pour votre sécurité et décrypte le « langage » des appels de phare sur la route.

Les points clés à retenir

  • 🔦 Fonction technique : Le bouton PASS envoie un courant direct aux ampoules de feux de route (pleins phares) sans passer par le verrouillage de l’interrupteur principal. Il permet des flashs très courts et rapides (stroboscopiques).
  • 👀 L’outil de survie : En moto, être vu est vital. L’usage principal du PASS est de signaler sa présence à un automobiliste qui s’apprête à vous couper la route ou à déboîter sans vous voir.
  • 🤝 Le langage motard : Deux coups brefs peuvent dire « Attention danger » (police ou obstacle) aux motards qu’on croise, ou « Je te laisse passer » à une voiture dans une intersection. Le contexte fait le message.
  • ⚠️ Maintenance : C’est souvent le premier contacteur qui s’oxyde sur les vieilles motos car il est exposé à la pluie devant le guidon. Un coup de nettoyant contact régulier est nécessaire pour qu’il reste réactif.

Pourquoi un bouton spécifique pour les appels de phare ?

On pourrait se demander pourquoi ne pas utiliser simplement l’interrupteur « Code/Phare » (Low beam / High beam) classique.
La réponse est ergonomique et sécuritaire.
En situation d’urgence (une voiture qui sort d’un stop sans regarder), vous devez freiner et débrayer. Votre pouce gauche est occupé à tenir le guidon ou klaxonner. Votre index gauche, lui, est libre (sauf si vous freinez fort, mais l’embrayage se gère à plusieurs doigts). La gâchette PASS est placée naturellement sous l’index. Elle permet une réaction réflexe en quelques millisecondes sans bouger la main.
De plus, le mécanisme à ressort permet de faire des flashs répétés (clignotement) très visibles par l’œil humain grâce à l’effet de mouvement, bien plus efficace qu’un phare allumé en continu qui peut se fondre dans le décor urbain.

Les différents usages du « PASS » sur la route

Le bouton PASS est un outil de communication contextuel. Voici comment l’utiliser (et l’interpréter) :

1. L’avertissement de dépassement (L’origine du nom)
Sur autoroute ou nationale, avant de doubler un camion ou une voiture qui semble hésitante, un petit appel de phare signale : « Je suis là, j’arrive vite, ne déboîte pas ». C’est l’usage légal originel (« Passing light »).

2. L’alerte de danger immédiat
En inter-files ou en ville, si vous voyez une voiture mettre son clignotant ou ses roues tourner vers vous, une série d’appels de phare rapides sert à dire : « STOP ! Ne bouge pas, je suis là ! ». C’est souvent plus efficace et moins agressif que le klaxon, car le conducteur regarde ses rétros.

3. La courtoisie (ou l’inverse)

  • À une intersection : Un appel de phare long à une voiture qui attend pour tourner signifie souvent « Vas-y, je te laisse passer ». Attention : assurez-vous que le conducteur a bien compris pour ne pas créer d’accident.
  • Sur voie rapide : Un appel de phare insistant derrière une voiture qui squatte la file de gauche est une demande (parfois agressive) de se rabattre.

4. La communication entre motards
Croiser un motard qui vous fait des appels de phare répétés signifie impérativement : « DANGER devant toi ». Cela peut être un accident, des graviers dans un virage, ou très souvent… un contrôle radar mobile. C’est le code de solidarité. Le salut habituel (« V » de la main) se fait plutôt avec la main gauche lâchée du guidon.

Motard effectuant un appel de phare pour signaler sa présence avant un dépassement, illustrant l'usage sécuritaire de la gâchette PASS

Problèmes techniques fréquents

Si votre bouton PASS ne fonctionne plus, c’est gênant pour la sécurité.

  • Oxydation : Le bouton est en première ligne face à la pluie et aux insectes. Les contacts en cuivre s’oxydent. Démontez la cocotte (le boîtier plastique), aspergez de nettoyant contact (WD40 Specialist Contact) et actionnez le bouton 50 fois.
  • Ampoule : Parfois, le filament « pleins phares » de l’ampoule est grillé, mais le « code » fonctionne. Vérifiez l’ampoule.
  • Compatibilité LED : Si vous avez installé des ampoules LED bas de gamme, l’appel de phare peut être moins « percutant » (latence à l’allumage) ou créer des interférences.

Tableau : Décoder les signaux lumineux

Signal lumineux (PASS)ContexteSignification usuelle
Flashs rapides et répétésIntersection / Inter-files« Attention, je suis là ! » (Urgence/Présence).
Un flash longCroisement / Stop« Je te laisse passer » (Courtoisie).
Deux appels brefsCroisement autre motard« Danger / Radar devant toi ».
Allumé fixeNuitDemande de passage ou oubli des pleins phares.

L’avis de l’expert : Moniteur Moto-École

« J’enseigne à mes élèves que le bouton PASS est leur bouclier invisible. En moto, on est petit. L’œil des automobilistes scanne la route à la recherche de ‘gros’ obstacles (camions, voitures). Le flash lumineux casse cette invisibilité. Avant chaque situation douteuse (carrefour, dépassement), ayez l’index sur la gâchette, prêt à dégainer. Mais attention à l’ambiguïté : ne faites jamais d’appel de phare si vous n’êtes pas sûr que l’autre va l’interpréter comme ‘Attention’ et non comme ‘Passez, je vous en prie’. Le contact visuel (regarder le conducteur dans les yeux ou le rétro) doit toujours confirmer le signal lumineux. »


Foire Aux Questions (FAQ)

👮 Est-ce légal de faire des appels de phare ?

Le Code de la route autorise les avertissements lumineux (« appels de feux ») pour prévenir d’un danger immédiat, de jour comme de nuit (article R416-6). C’est même préférable à l’avertisseur sonore (klaxon) en agglomération, qui est interdit sauf danger immédiat. En revanche, faire des appels de phare pour signaler la police est techniquement une « entrave », bien que rarement verbalisée si faite discrètement.

🔦 Le bouton PASS allume-t-il les deux phares ?

Cela dépend de la moto. Sur les motos modernes à double optique, le bouton PASS allume souvent les deux filaments (code + phare) ou lève le clapet (sur les lenticulaires) pour une puissance maximale. C’est ce qui rend le flash si efficace : on passe de 55W à 110W (ou équivalent LED) instantanément, créant un choc visuel.

🏍️ Pourquoi ma moto n’a pas de bouton PASS ?

Certaines motos (notamment les customs américains, certaines vieilles européennes ou les petites cylindrées économiques) n’en ont pas. Dans ce cas, vous devez utiliser l’inverseur Code/Phare classique avec le pouce. C’est moins ergonomique car cela demande de lâcher la prise du guidon avec le pouce, ce qui réduit la maîtrise en cas de freinage d’urgence simultané.

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