Vue détaillée du moteur bicylindre CFMoto installé sur un side-car Chang Jiang Pékin Express

Side-car Chang Jiang : fiabilité et points faibles

Le side-car Chang Jiang fait figure d’ovni sur le marché français : un look rétro assumé, un prix accessible et une identité unique qui attire autant les curieux que les passionnés. Mais sa fiabilité est un sujet clivant. Les anciens modèles à moteur flat-twin latéral (la CJ750) ont une réputation mécanique fragile bien établie chez les spécialistes. Les versions modernes équipées du bicylindre parallèle 650 d’inspiration CF Moto offrent une fiabilité nettement supérieure, et les retours des propriétaires récents sont plutôt encourageants : un propriétaire ayant parcouru plusieurs milliers de kilomètres à travers la France se déclare étonnamment satisfait, soulignant la qualité de fabrication et le plaisir de conduite pour moins de 14 000 €. Cela dit, des points de vigilance subsistent : le roulement de roue du panier peut se bloquer, et des écrous de fixation du garde-boue peuvent se défaire en roulant, au risque d’abîmer le pneu — il est conseillé de les remplacer par des écrous Nilstop. Les propriétaires avertis recommandent également de remplacer les roulements de roue d’origine par des modèles SKF étanches et d’installer un allumage transistorisé pour s’affranchir des vis platinées. Un engin attachant, mais qui réclame un minimum de culture mécanique pour en profiter sereinement.

Ce qu’il faut retenir

  1. ⚙️ Moteur moderne et fiable : Le bicylindre CFMoto (clone du Kawasaki ER-6) est ultra-éprouvé, bénéficiant d’une injection Bosch et d’un refroidissement liquide.
  2. 🛠️ Maintenance asymétrique : L’usure des pneus et du kit chaîne est très rapide à cause du poids (plus de 360 kg) et de la résistance latérale du panier.
  3. 📏 Géométrie vitale : L’alignement du side-car (pincement et carrossage) doit être contrôlé régulièrement pour éviter un comportement routier dangereux.
  4. 🛡️ Traitement des métaux : La peinture et les chromes sont assez minces, nécessitant une protection assidue contre la rouille s’il roule sous la pluie.

La révolution mécanique : le bloc bicylindre CFMoto

Le grand bouleversement de la marque Chang Jiang (littéralement « Fleuve Bleu ») fut l’adoption du moteur CFMoto 650 cm³. Ce bloc est un clone technique quasi parfait du réputé moteur Kawasaki ER-6. Il s’agit d’un bicylindre en ligne, double arbre à cames en tête, 8 soupapes, développant une soixantaine de chevaux.

Sur le plan de la fiabilité pure (embiellage, culasse, pistons), ce moteur est un roc. Il est géré par une injection électronique Bosch qui garantit des démarrages au quart de tour par tous les temps et une consommation raisonnable. Le refroidissement liquide, couplé à un radiateur bien dimensionné, règle définitivement les problèmes de surchauffe des anciens moteurs refroidis par air lorsque le side-car était coincé dans les bouchons ou dans une longue côte chargée.


La géométrie de l’attelage : pincement, carrossage et précession

Si le moteur est sans souci, la vraie question de fiabilité d’un side-car réside dans son châssis. Atteler une moto à un panier génère des contraintes de torsion phénoménales. La fiabilité de la tenue de route dépend de trois réglages millimétriques :

  • Le pincement : La roue du panier doit converger très légèrement vers l’avant (vers la moto) pour compenser la traînée du side-car.
  • Le carrossage : La moto doit être très légèrement inclinée vers l’extérieur (à l’opposé du panier) pour rouler droit.
  • La précession : L’axe de la roue du side doit être légèrement en avant par rapport à l’axe de la roue arrière de la moto.

Si, suite aux vibrations ou à un choc, ces réglages bougent, la conduite devient un enfer (guidonnage violent, moto qui tire à droite). Les tirants de fixation du Chang Jiang sont robustes, mais exigent un contrôle du serrage et un alignement au laser ou à la règle tous les 10 000 km.

Organe mécaniqueContrainte spécifique « Side-Car »Conséquence sur la fiabilité
Kit ChaîneTraction d’un poids mort de 365 kg + passagers.Durée de vie très réduite (10 000 à 15 000 km max).
Roulements de rouesContraintes latérales énormes dans les virages (pas de prise d’angle).Usure prématurée des roulements de la moto.
Rayons des jantesTorsion asymétrique constante.Nécessité de retendre les rayons très régulièrement.
Mécanicien mesurant le pincement et l'alignement de la roue du panier sur un châssis de side-car

Le freinage couplé CBS et la transmission par chaîne

Le Chang Jiang moderne est équipé d’un freinage couplé hydraulique sur les trois roues (plus le frein de parking). Le système est efficace et le mordant des étriers radiaux est sécurisant. Cependant, les maîtres-cylindres et les durites aviations sont soumis à une forte pression hydraulique. Il faut surveiller le niveau du bocal arrière et purger rigoureusement le système tous les deux ans pour éviter le grippage de l’étrier du panier.

Concernant la transmission, l’absence de cardan (contrairement aux Ural) est le point noir de l’entretien. Faire avancer un engin de près de 400 kg demande une énergie folle à la chaîne de transmission secondaire. Le kit chaîne subit des tensions extrêmes et s’allonge très vite. Il doit être nettoyé et graissé idéalement tous les 300 kilomètres, et sa tension vérifiée en permanence sous peine de rupture ou de destruction du pignon de sortie de boîte.

L’avis de l’Expert Side-cariste

« Le Chang Jiang moderne ne tombe plus en panne moteur, c’est une certitude. Mais il ne faut pas oublier qu’on roule sur un engin industriel chinois. L’acier du châssis est de bonne facture, mais la visserie périphérique est de qualité très basique. Dès l’achat, je conseille de vaporiser du WD-40 pur sur toutes les têtes de vis et les connecteurs électriques sous le nez du panier pour prévenir la rouille et les faux contacts. »

Finition métallique et faisceau électrique périphérique

Les problèmes électriques qui surviennent sur cette machine sont rarement liés à l’ECU Bosch, mais plutôt au faisceau annexe. Le câblage qui relie la moto au panier (pour les feux de position, le phare additionnel et les clignotants du side) est parfois exposé aux intempéries ou mal protégé contre les frottements du châssis. Il peut en résulter des courts-circuits faisant sauter des fusibles.

De plus, bien que l’aspect esthétique soit très flatteur (magnifiques peintures mates ou brillantes), l’épaisseur du vernis et du traitement anti-corrosion des métaux est très faible. Les jantes à rayons, les fixations des amortisseurs et les coutures de la bâche du panier (couvre-tonneau) vieillissent vite si l’engin dort dehors.


Foire Aux Questions (FAQ)

🛡️ La marche arrière électrique est-elle fiable dans le temps ?

Pour des raisons de simplicité mécanique (le bloc CFMoto n’ayant pas de marche arrière intégrée dans la boîte de vitesses), Chang Jiang a installé un moteur électrique couplé à un pignon sur l’axe de la roue arrière. C’est ingénieux, mais ce petit moteur chauffe très vite. Il ne doit être utilisé que pour reculer sur quelques mètres, sur terrain plat. Si vous forcez la marche arrière dans une pente raide ou dans le sable, le moteur électrique ou son relais de puissance grillera instantanément.

🔧 Doit-on changer les pneus de la moto en même temps que celui du panier ?

Non, l’usure est totalement asymétrique. En side-car, la moto ne penche pas. Les pneus motos montés d’origine s’usent donc « au carré » (le centre de la bande de roulement devient tout plat). Le pneu arrière de la moto (propulseur) s’usera très vite (souvent moins de 6 000 km). Le pneu avant de la moto s’use moyennement. En revanche, le pneu du panier subit moins de contraintes de motricité et dure souvent le double, voire le triple du kilométrage du pneu arrière.

⛽ Quelle est la consommation réelle d’un Chang Jiang 650/700 ?

L’aérodynamique d’un side-car est comparable à celle d’une brique de béton. Bien que le moteur à injection soit efficient sur une moto solo, il doit lutter ici contre le poids et une prise au vent colossale. En usage balade tranquille (80 km/h), la consommation tourne autour de 6 à 7 L/100 km. Mais si vous prenez l’autoroute ou que vous avez fort vent de face, la consommation s’envole facilement à plus de 8,5 L/100 km, réduisant drastiquement l’autonomie du réservoir.

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