Produite entre 1972 et 1979, la Suzuki GT 550 est une routière trois cylindres deux temps refroidie par air, développant environ 50 chevaux pour une vitesse de pointe avoisinant 180 km/h, conçue pour rivaliser avec la légendaire Kawasaki 500 Mach III. Son système Ram Air, qui canalise l’air frais vers la culasse, améliore le remplissage à haut régime, mais montre ses limites en circulation dense : comme beaucoup de deux-temps refroidis par air, le moteur perd en puissance une fois la température critique atteinte, notamment dans les embouteillages. Reconnue pour sa robustesse mécanique et son confort de conduite pour l’époque, elle séduit aujourd’hui les collectionneurs pour son charme rétro et son cadre double berceau en acier. À l’achat d’un modèle d’occasion, l’état du train avant et des freins mérite une attention particulière, ces organes ayant souvent mal vieilli sur les exemplaires non restaurés.
Ce qu’il faut retenir
- 💨 Un moteur 3 cylindres 2-temps mythique : son bloc de 543 cm³ offre une souplesse de fonctionnement remarquable et une sonorité d’échappement inimitables.
- ❄️ Le système Ram Air System : une écope en aluminium posée sur la culasse dévie l’air de rouler pour refroidir efficacement le cylindre central.
- 🛠️ La lubrification séparée CCI : l’injection d’huile automatique élimine le besoin de faire le mélange à la main directement au réservoir.
- 🦀 L’échappement 3-en-4 d’origine : la ligne d’échappement possède quatre silencieux chromés (le pot du cylindre central se sépare en deux sous la moto).
Qu’est-ce que le système de refroidissement Ram Air de la Suzuki GT 550 ?
L’un des défis majeurs posés par l’architecture d’un moteur trois cylindres refroidi par air réside dans l’évacuation de la chaleur accumulée par le cylindre situé au milieu.
Masqué par les deux cylindres latéraux et le garde-boue avant, le cylindre central reçoit moins d’air frais pendant la conduite, ce qui peut entraîner des surchauffes et des risques de serrage. Pour résoudre ce problème sur la GT 550 et sa petite sœur la 380, les ingénieurs de Suzuki ont conçu le Ram Air System. Il s’agit d’un carénage en aluminium embouti fixé au-dessus des culasses. Cette écope canalise le flux d’air de vitesse pendant que la moto roule, accélère son passage et le dirige directement sur les ailettes de refroidissement du cylindre central. Ce système s’est révélé d’une efficacité redoutable, offrant une parfaite stabilité thermique au moteur même en plein été.

Tableau des caractéristiques techniques de la Suzuki GT 550 (Série J à M)
Pour mieux situer les performances de cette routière des années 70 par rapport aux critères de l’époque, voici sa carte d’identité mécanique.
Le tableau ci-dessous récapitule la fiche technique d’origine de la Suzuki GT 550 :
| Composant ou paramètre technique | Donnée officielle du fabricant Suzuki | Agrément d’utilisation au quotidien |
|---|---|---|
| Moteur et cylindrée | 3 cylindres en ligne 2-temps de 543 cm³. | Souplesse exceptionnelle dès 2000 tr/min sans vibrations. |
| Puissance maximale | 50 chevaux à 6 500 tr/min. | Vitesse de pointe d’environ 175 km/h. |
| Alimentation en carburant | 3 carburateurs Mikuni de 28 mm. | Réglage et synchronisation de la rampe à surveiller. |
| Système de freinage avant | Tambour double came (1972) puis simple disque (dès 1973). | Le freinage à disque offre un meilleur mordant sur le sec. |
Sur la route, la GT 550 se distingue immédiatement de ses rivales sportives à deux temps comme les Kawasaki 500 Mach III. La Suzuki n’est pas une moto brutale ou violente : c’est une vraie routière au long cours, souple, feutrée et dotée d’un couple régulier. Elle est capable de reprendre sur le cinquième rapport à basse vitesse sans hoqueter, ce qui rend sa conduite particulièrement reposante.
L’avis d’un collectionneur de motos anciennes
« La GT 550 est sans doute la plus équilibrée de toute la gamme GT. Elle n’a pas les problèmes de poids de la 750 à eau, et elle offre beaucoup plus de coffre sur route que la 380. Son moteur délivre une mélodie fantastique avec ses quatre pots chromés d’origine. C’est un pur bonheur à emmener sur les petites routes le dimanche. »

Quels sont les points mécaniques critiques à vérifier avant un achat ?
Acheter une moto 2-temps de plus de 50 ans demande une inspection très rigoureuse des sous-ensembles mécaniques pour éviter des réfections lourdes.
Le point le plus important concerne l’état du vilebrequin et de ses joints spys. Sur un moteur 2-temps multi-cylindres, le bas-moteur doit être parfaitement hermétique. Si la moto est restée immobilisée dans une grange pendant dix ou vingt ans, les joints spys en caoutchouc du vilebrequin se dessèchent et s’effritent. Cela crée des prises d’air internes : le moteur s’emballe au ralenti, chauffe anormalement et risque de serrer un piston. Vérifiez également le bon fonctionnement de la pompe à huile de graissage séparé (système CCI). Si les durites transparentes d’huile sont vides ou remplies de bulles d’air, le haut moteur n’est plus lubrifié.
Comment bien entretenir la carburation et l’allumage d’une ancienne 2-temps ?
Conserver une Suzuki GT 550 en parfait état de marche demande un entretien régulier mais accessible à tout amateur de mécanique vintage.
L’allumage d’origine de la GT 550 fonctionne avec trois jeux de rupteurs (les fameux vis platinées). Le réglage de l’écartement des contacts et du point d’allumage cylindre par cylindre demande de la précision à l’aide d’un comparateur et d’une lampe témoin. Pour supprimer définitivement les pannes de démarrage et les ratés d’allumage, de nombreux propriétaires installent aujourd’hui un allumage électronique moderne (type Accent ou Boyer Bransden) dissimulé sous le carter. Enfin, utilisez toujours une huile 2-temps 100 % synthèse de haute qualité dans le réservoir d’huile séparé pour limiter les dépôts de calamine dans les pots et réduire les émissions de fumée bleue à l’échappement.
Foire Aux Questions (FAQ)
🔍 Trouve-t-on encore facilement des pièces détachées pour la Suzuki GT 550 ?
Pour les pièces de consommables courants (joints, pistons, roulements, câbles, plaquettes), les spécialistes de la moto ancienne au Japon et en Europe disposent de stocks importants de pièces neuves adaptables ou d’origine (NOS). En revanche, dénicher une ligne d’échappement 3-en-4 d’origine en chrome parfait non rouillée ou un capot Ram Air non abîmé devient très difficile et coûteux sur le marché de la collection.
⏱️ Combien consomme une Suzuki GT 550 au 100 km ?
Technologie 2-temps des années 70 oblige, la consommation de carburant est plus élevée que celle d’une moto moderne. Comptez entre 6,5 L et 8,5 L aux 100 km selon votre rythme de conduite et le réglage des carburateurs Mikuni. Avec un réservoir de 15 litres, l’autonomie moyenne avant réserve tourne autour de 180 à 200 kilomètres.
❓ Quelle est la différence entre la GT 550 J (1972) et les modèles suivants (K, L, M) ?
La toute première version (GT 550 J sortie en 1972) était équipée d’un frein avant à tambour double came très esthétique mais manquant un peu d’endurance. Dès 1973 (modèle K), Suzuki a remplacé le tambour avant par un frein à simple disque hydraulique bien plus efficace. La boîte de vitesses à 5 rapports et le moteur sont restés très proches tout au long de la carrière du modèle jusqu’en 1977.









